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Un avantage non imposable.

Alors que le prix du baril a allègrement dépassé la barre des 100 dollars, que l'inflation flirte avec les 3% en France, à Saint-Loubès, en Gironde, une entreprise de transports a trouvé une solution pour augmenter le pouvoir d'achat de ses salariés. A défaut de pouvoir augmenter les salaires, le patron leur a proposé de louer une voiture pour seulement un euro par jour.
Pour Dominique Laure, dirigeant de la société Laure Transports (120 camions, 135 chauffeurs), les charges sociales sont aujourd'hui trop élevées en France et pénalisent les entreprises. Pas question donc d'augmenter les salaires. Alors, ce patron, à la tête de plusieurs sociétés de transports entre Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) et Saint-Loubès (Gironde), s'est interrogé : qu'est-ce qui est partagé par tous et qui grève souvent le budget familial ? La réponse est apparue comme une évidence : la voiture. En effet, hors carburant, un véhicule revient en moyenne à 2 000 € par an. Il a donc décidé de proposer une voiture neuve à ses 100 salariés, moyennant 1 € par jour de travail, soit seulement 250 € par an. Assurance et entretien compris. Seul le carburant reste à la charge du salarié, qui a une jouissance totale du véhicule, aussi bien pour le travail, que pour sa vie de famille.

Une voiture à un euro par jour, un avantage non imposable

Très audacieux, le patron a même "déniché" la "combine" pour que cet avantage en nature ne soit pas imposable. Le bénéfice de la voiture n'est pas rattaché au contrat de travail. Il s'agit en fait d'un service que l'entreprise rend à ses salariés. Le principe est simple : il facture 5 euros la location à la journée, mais le contrat publicitaire en paye 4. Le contrat publicitaire n'est autre que le logo de la société, qui est apposé sur chaque véhicule. La voiture est la même pour tous les salariés : Une Clio diesel cinq portes. Des arguments convaincants pour fidéliser ses salariés et en attirer de nouveau, dans un secteur où il devient difficile de recruter.

Nicolas César

OUEST FRANCE

ouestfrance

La voiture à 1 € par jour offerte aux salariés

Dominique Laure, un transporteur, propose à 100 de ses salariés de profiter d'une voiture neuve, à temps complet, pour un euro chaque jour travaillé ! Explications.

Les charges sociales en France plombent les comptes des petites et moyennes entreprises ? « Je suis toujours réticent à augmenter les salaires. La facture est lourde à digérer pour le patron. »

Dominique Laure ose parler franchement. À la tête de plusieurs sociétés de transports entre Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) et Saint-Loubès (Gironde), cet ancien routier pilote une flotte de 120 camions et manage 135 chauffeurs. « Alors, quand on ne peut pas trop augmenter les salaires, il faut être inventif pour quand même continuer à offrir du pouvoir d'achat à ses gars. »

« Rien n'est lié au contrat de travail »

Dominique Laure se pose alors la question : qu'est-ce qui est partagé par tous et qui grève souvent le budget familial ? « La voiture est arrivée en tête. » Les méninges du boss se sont mises à tourner à plein régime. « Globalement, notre voiture est souvent d'occasion. Elle coûte, hors carburant, environ 2 000 € par an. J'ai eu l'idée de proposer une voiture neuve à tous mes salariés, moyennant 1 € par jour de travail. Soit 250 € à l'année. Un véhicule pour eux ou leur famille à temps complet. »

Comme cela, de loin, tout ressemble à un avantage en nature... Donc imposable. « Pas du tout, nouvelle ruse ! Rien n'est lié au contrat de travail. La société transport Laure propose un service à ses employés. C'est une relation commerciale. »

OK. Mais la location est à perte et donc contestable ? « Une autre idée piquée à la publicité. Un de mes salariés avait une voiture personnelle avec une réclame sur sa carrosserie. Et une contribution de 100 € par mois pour lui. J'ai adopté le système. Je facture 5 € la location à la journée mais avec un contrat publicitaire en sus. Comme les voitures portent nos logos, mon salarié est rémunéré 4 €. » Là, il fallait trouver l'astuce !

En revanche, pas possible de choisir sa voiture. Une Clio diesel cinq portes, sinon rien ! Pour un raisonnement développement durable en béton : « Voiture française, construite en France, rejetant moins de 120 g par km de CO2... Et les anciennes voitures de mon personnel qui ne polluent plus ! C'est ma contribution au bien de la planète. Avec mes camions, je n'étais quand même pas toujours bien placé... »

D'accord, d'accord. On comprend tout, mais alors, vous perdez de l'argent ? « Eh bien non. Cent Clio négociées, il faut faire un chèque d'un million d'euros. Avec un amortissement sur cinq ans. » Sans parler du bonus au niveau du recrutement. Le chauffeur routier demeure une denrée rare sur le marché. Il peut changer d'employeur comme de chemise. « La voiture à un euro sert aussi à fidéliser mon personnel. »

Dernier calcul édifiant ? On y va : « Les cent salariés qui ont choisi cette option gagnent 2 000 € par an en n'ayant plus de frais avec leur voiture. Et déboursent seulement 250 € par an pour rouler avec un véhicule neuf et entretenu. Moi, si je lui avais donné 2 000 € de plus sur son salaire, j'aurai dû sortir au moins 3 500 € avec les charges. Là, je ne sors que 1 080 €, le coût de fonctionnement avec amortissement, frais financiers et contrat d'entretien par Renault compris. » CQFD !

Élisabeth BUREAU

OUEST FRANCE AUTO

ouestfrance-auto

La voiture à 1 € par jour offerte aux salariés

Dominique Laure, un transporteur, propose à 100 de ses salariés de profiter d'une voiture neuve, à temps complet, pour un euro chaque jour travaillé ! Explications.

Les charges sociales en France plombent les comptes des petites et moyennes entreprises ? « Je suis toujours réticent à augmenter les salaires. La facture est lourde à digérer pour le patron. »

Dominique Laure ose parler franchement. À la tête de plusieurs sociétés de transports entre Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) et Saint-Loubès (Gironde), cet ancien routier pilote une flotte de 120 camions et manage 135 chauffeurs. « Alors, quand on ne peut pas trop augmenter les salaires, il faut être inventif pour quand même continuer à offrir du pouvoir d'achat à ses gars. »

« Rien n'est lié au contrat de travail »

Dominique Laure se pose alors la question : qu'est-ce qui est partagé par tous et qui grève souvent le budget familial ? « La voiture est arrivée en tête. » Les méninges du boss se sont mises à tourner à plein régime. « Globalement, notre voiture est souvent d'occasion. Elle coûte, hors carburant, environ 2 000 € par an. J'ai eu l'idée de proposer une voiture neuve à tous mes salariés, moyennant 1 € par jour de travail. Soit 250 € à l'année. Un véhicule pour eux ou leur famille à temps complet. »

Comme cela, de loin, tout ressemble à un avantage en nature... Donc imposable. « Pas du tout, nouvelle ruse ! Rien n'est lié au contrat de travail. La société transport Laure propose un service à ses employés. C'est une relation commerciale. »

OK. Mais la location est à perte et donc contestable ? « Une autre idée piquée à la publicité. Un de mes salariés avait une voiture personnelle avec une réclame sur sa carrosserie. Et une contribution de 100 € par mois pour lui. J'ai adopté le système. Je facture 5 € la location à la journée mais avec un contrat publicitaire en sus. Comme les voitures portent nos logos, mon salarié est rémunéré 4 €. » Là, il fallait trouver l'astuce !

En revanche, pas possible de choisir sa voiture. Une Clio diesel cinq portes, sinon rien ! Pour un raisonnement développement durable en béton : « Voiture française, construite en France, rejetant moins de 120 g par km de CO2... Et les anciennes voitures de mon personnel qui ne polluent plus ! C'est ma contribution au bien de la planète. Avec mes camions, je n'étais quand même pas toujours bien placé... »

D'accord, d'accord. On comprend tout, mais alors, vous perdez de l'argent ? « Eh bien non. Cent Clio négociées, il faut faire un chèque d'un million d'euros. Avec un amortissement sur cinq ans. » Sans parler du bonus au niveau du recrutement. Le chauffeur routier demeure une denrée rare sur le marché. Il peut changer d'employeur comme de chemise. « La voiture à un euro sert aussi à fidéliser mon personnel. »

Dernier calcul édifiant ? On y va : « Les cent salariés qui ont choisi cette option gagnent 2 000 € par an en n'ayant plus de frais avec leur voiture. Et déboursent seulement 250 € par an pour rouler avec un véhicule neuf et entretenu. Moi, si je lui avais donné 2 000 € de plus sur son salaire, j'aurai dû sortir au moins 3 500 € avec les charges. Là, je ne sors que 1 080 €, le coût de fonctionnement avec amortissement, frais financiers et contrat d'entretien par Renault compris. » CQFD !

Élisabeth BUREAU

VIVRE AUTREMENT

vivreautrement

La voiture à 1 € par jour offerte aux salariés

Dominique Laure, un transporteur, propose à 100 de ses salariés de profiter d'une voiture neuve, à temps complet, pour un euro chaque jour travaillé ! Explications.

Les charges sociales en France plombent les comptes des petites et moyennes entreprises ? « Je suis toujours réticent à augmenter les salaires. La facture est lourde à digérer pour le patron. »

Dominique Laure ose parler franchement. À la tête de plusieurs sociétés de transports entre Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) et Saint-Loubès (Gironde), cet ancien routier pilote une flotte de 120 camions et manage 135 chauffeurs. « Alors, quand on ne peut pas trop augmenter les salaires, il faut être inventif pour quand même continuer à offrir du pouvoir d'achat à ses gars. »

« Rien n'est lié au contrat de travail »

Dominique Laure se pose alors la question : qu'est-ce qui est partagé par tous et qui grève souvent le budget familial ? « La voiture est arrivée en tête. » Les méninges du boss se sont mises à tourner à plein régime. « Globalement, notre voiture est souvent d'occasion. Elle coûte, hors carburant, environ 2 000 € par an. J'ai eu l'idée de proposer une voiture neuve à tous mes salariés, moyennant 1 € par jour de travail. Soit 250 € à l'année. Un véhicule pour eux ou leur famille à temps complet. »

Comme cela, de loin, tout ressemble à un avantage en nature... Donc imposable. « Pas du tout, nouvelle ruse ! Rien n'est lié au contrat de travail. La société transport Laure propose un service à ses employés. C'est une relation commerciale. »

OK. Mais la location est à perte et donc contestable ? « Une autre idée piquée à la publicité. Un de mes salariés avait une voiture personnelle avec une réclame sur sa carrosserie. Et une contribution de 100 € par mois pour lui. J'ai adopté le système. Je facture 5 € la location à la journée mais avec un contrat publicitaire en sus. Comme les voitures portent nos logos, mon salarié est rémunéré 4 €. » Là, il fallait trouver l'astuce !

En revanche, pas possible de choisir sa voiture. Une Clio diesel cinq portes, sinon rien ! Pour un raisonnement développement durable en béton : « Voiture française, construite en France, rejetant moins de 120 g par km de CO2... Et les anciennes voitures de mon personnel qui ne polluent plus ! C'est ma contribution au bien de la planète. Avec mes camions, je n'étais quand même pas toujours bien placé... »

D'accord, d'accord. On comprend tout, mais alors, vous perdez de l'argent ? « Eh bien non. Cent Clio négociées, il faut faire un chèque d'un million d'euros. Avec un amortissement sur cinq ans. » Sans parler du bonus au niveau du recrutement. Le chauffeur routier demeure une denrée rare sur le marché. Il peut changer d'employeur comme de chemise. « La voiture à un euro sert aussi à fidéliser mon personnel. »

Dernier calcul édifiant ? On y va : « Les cent salariés qui ont choisi cette option gagnent 2 000 € par an en n'ayant plus de frais avec leur voiture. Et déboursent seulement 250 € par an pour rouler avec un véhicule neuf et entretenu. Moi, si je lui avais donné 2 000 € de plus sur son salaire, j'aurai dû sortir au moins 3 500 € avec les charges. Là, je ne sors que 1 080 €, le coût de fonctionnement avec amortissement, frais financiers et contrat d'entretien par Renault compris. » CQFD !

Élisabeth BUREAU

20MINUTES

20min

Une voiture à un euro par jour

Augmenter le pouvoir d'achat des salariés pour qu'ils se sentent bien dans l'entreprise. C'est en partant de ce postulat que Dominique Laure, gérant d'une société de transport (Laure Transport), a eu l'idée de leur proposer une voiture à un euro par jour. Depuis mi-avril, c'est au volant d'une Clio toute neuve que la cinquantaine d'employés de Saint-Loubès se rendent quotidiennement au travail. C'est notamment le cas de Laëtitia. Cette salariée n'a pas hésité une seconde avant d'accepter la proposition. « J'ai déjà mis en vente ma voiture, qui me revenait à environ 2 000 eur par an », se félicite cette salariée girondine.

« C'est à chaque salarié de décider de la durée de location des voitures », explique Dominique Laure, le PDG de cette entreprise dont le siège social est basé en Loire-Atlantique. Le véhicule leur revient à 250 eur par an, la société ne fait payer la location que pour les jours travaillés alors que les employés peuvent en disposer tout au long de l'année. Pour ce prix, l'assurance et l'entretien sont compris. Seul le carburant reste à leur charge. « En gros, cela nous coûte 1 000 eur par voiture », estime le PDG de la société, qui affirme ne pas faire preuve philantropie. Pour lui, « certes cela a un coût, mais ce n'est pas un sacrifice. Car il ne faut pas oublier qu'un employé qui se trouve bien dans l'entreprise est plus performant ». Le secteur des transports est en effet en mal de recrutement et le turnover y est particulièrement important. Dominique Laure reconnaît d'ailleurs que « le gain pour le salarié est incontestable, pour certains c'est équivalent à un treizième mois ».

Sophie d'Ambra